Des photos et quelques notes prises au fil de nos voyages...
dimanche 18 juillet 2010
Sur les traces de John Ford
Coucher de soleil à Monument Valley.
Semblant de grâce matinée car la journée est en théorie légère : peu de kilomètres à faire pour se rendre à notre prochaine étape et pas de rando sous le soleil en perspective. C’est donc vers 8h30 que nous avons décollé de notre hôtel après un petit déjeuner copieux. Ce Wayside Motor Inn est l’un des hôtels qui nous aura fait la meilleure impression. La route de ce matin descend un peu plus encore vers le sud et passe par Blanding et Bluff à travers des forêts de cèdres et débouche sur un nouveau plateau désert couvert de buissons. Deux heures après notre départ, nous atteignons le premier objectif de la journée, la Valley of the Gods, une piste qui se veut une réplique de Monument Valley. La route serpente sur 25 km entre des butes de rochers rouges et des prairies de buissons verts et permet de découvrir encore de magnifiques et parfois d'étranges paysages. Avec en toile de fond les premières silhouettes des fameux rochers de Monument Valley immortalisés par les westerns de John Ford. Après ce détour d’une heure, on enchaîne avec le Goosenecks State Park qui se trouve juste à côté. Un point de vue impressionnant, voire spectaculaire sur les méandres de la San Juan River et qui vaut vraiment le détour. Il est midi passé et les estomacs commencent à crier famine (en l’occurrence les deux munis de pattes qui sont assis à l’arrière). Problème : trouver un coin à l’ombre dans cette garrigue rabougrie et par 100°F relève du tour de force. On tente une approche de la rivière au niveau de Mexican Hat qui se situe quelques miles après le Goosenecks SP, mais sans conviction. Alors on poursuit vaillamment notre route vers la vraie Monument Valley : on mangera comme on pourra sur la piste dans la voiture, au frais. En route, on immortalise l’endroit où Forest Gump s’est arrêté de courir dans le film éponyme. Arrivés enfin sur place, on s’acquitte du droit d’entrée (nous sommes en territoire navajo et ici l’Annual Pass ne marche pas) de 5$ par personne, puis nous nous dirigeons vers le Visitor Center et le trading post où l’on trouve tout le bazar habituel (T-shirts, tasses, etc.) en plus de l’artisanat indien. Direction ensuite la piste, en mauvais état d’ailleurs (4x4 non obligatoire, recommandé, au moins au début de la piste car cette dernière est assez chaotique) pour admirer les buttes et les mesas si pittoresques au nom parfois évocateurs comme les west et east Mitten, Merrick butte, Elephant Butte, Camel Butte, John Ford Point, Rain God Mesa, La Pointe des Artistes, le Pouce. Pour ajouter au charme de l'endroit, on aperçoit au loin des groupes de cavaliers guidés par des Navajos. La visite prend bien 2h30, à l’issue de laquelle nous décidons de rejoindre notre hôtel situé à Kayenta, 21 miles plus loin. Il est 17 heures lors que bien fatigués par la chaleur, nous allons nous rafraîchir tout les 4 dans la piscine de l’hôtel. Il faut encore que nous fassions le plein de carburant et de nourriture pour ce soir et le lendemain. Kayenta est une petite bourgade indienne qui a poussé à la jonction de deux routes. Sans aucun charme, elle est cependant pourvue d’un foodmart bien achalandé où nous trouvons tout ce qu’il nous faut. Il est temps ensuite de retourner à Monument Valley pour faire La photo des butes au coucher du soleil, celle pour laquelle on a fait tout ce chemin ou presque ! Arrivé là-bas on se contentera de rester sur la terrasse du Visitor Center où on a du reste la meilleure vue sur les trois butes les plus célèbres : West Mitten Butte, East Mitten Butte et Merrick Butte. De ce point d’observation l’attente commerce, peu à peu la lumière du jour décline et en l’espace d’une heure on fait plus de cinquante photos, sous toutes les coutures des fameuses butes. Notre Nikon D90 acheté peu de temps avant notre départ fait ici merveille. Un vrai régal. Il est près de 21 heures lorsque nous regagnons l’hôtel, (avec nostalgie et souvenir des westerns tournés dans ce cadre magique) où nous dînerons avec les enfants affamés. Demain, il nous faut (encore et toujours) partir tôt pour gagner les rives du Lake Powell. En chemin, nous remarquons la file des voitures de Navajos qui viennent faire le plein d’eau avec de grandes citernes à l’arrière de leur pick-up. Ce pays laissé par les « blancs » aux indiens est vraiment hostile et nous découvrons parfois la misère de ce peuple, dépourvu de ressources et du confort élémentaire tel que l’électricité et l’eau courante, qui semble vivre dans un monde parallèle.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire