lundi 19 juillet 2010

L’oasis

Dans le coeur de Lower Antelope Canyon.
Ce matin, les horaires de départ sont respectés, et nous quittons à regret cet hôtel confortable, et avec une certaine nostalgie en souvenir de nos westerns de jeunesse, la région de Monument Valley. Les pleins d’estomac et d’essence faits, nous pouvons tracer la route, droite comme un fil à plomb en direction de Page. Le Tom Tom n’est pas précis sur les temps de parcours et c’est vers 8h45 que nous atteignons notre première cible du matin. 8h45 car, un changement d’horaire lié au changement d’Etat bien heureux (on vient de gagner une heure en passant de l’Utah à l’Arizona), nous permet de planifier sans stress les visites des Lower et Upper Antilope Canyons. Ces deux canyons distants l’un de l’autre de quelques centaines de mètres sont d’étroites ouvertures dans la roche, sculptées par l’eau et le vent. Leur étroitesse leur doit le nom de Slot Canyons (fente). Nous sommes ici dans un autre Navajo tribal park d’où le paiement d’un nouveau droit d’entrée auquel il faut ajouter la location des services d’un guide (obligatoire) pour faire la visite. L’addition à la sortie pour les deux canyons est un peu salée, mais vaut vraiment le coup tant les deux slots développent dans une étrange lumière des couleurs et des formes inattendues et extraordinaires. Sur le parcours assez bref, Patrick s’en donne à cœur joie. Surtout pour le premier que nous effectuons, le Lower, entrepris à 10 heures du matin, est encore peu fréquenté. La lumière du soleil qui s’introduit dans les étroites brèches de la voûte, est splendide, et doit à la roche, du grès Navajo, des teintes qui vont du rouge sombre au jaune en passant par le orange et le rose. Il a en plus, l’avantage d’être ludique : pour le parcourir il faut emprunter des échelles, des escaliers, se glisser parfois entre deux parois très rapprochées, les enfants adorent. Notre guide navajo en profite pour agrémenter notre visite de quelques notes de flûte : magique ! Le second canyon (Upper) plus réputé est beaucoup plus fréquenté. A 11 heures, l’étroit goulet est plein de monde qui va et vient, les guides navajos vous poussent à avancer, après vous avoir bien tassé sur les pick-up qui vous mènent à l’entrée du canyon. (il faut 15 minutes de route sablonneuse pour atteindre le début du slot que les particuliers n’ont pas le droit d’emprunter). Malgré la beauté des lieux, l’endroit perd beaucoup de son charme, pour tout dire c’est l’usine. On guette la fameuse lumière, le rayon de soleil qui éclaire juste à la mi-journée le sol du canyon et crée des draperies de lumière… Dommage qu’il y ait ce monde. Les enfants apprécieront eux beaucoup les secousses pendant le transport, dans un pick-up transformé en véritable lessiveuse. Très contents d’avoir pu effectués les deux canyons dans la foulée et dans la matinée, nous sortons de là en nage, il est 12h30. (Nous conseillons cependant de limiter la visite au Lower Antilope Canyon, si votre temps est compté, moins fréquenté, plus amusant à traverser et finalement tout aussi impressionnant par ses jeux de lumière). Direction cette fois Page, au bord du lac Powell. Au programme est inscrit la visite du Glenn Canyon Dam, le barrage qui ferme le lac à l’ouest. Arrivé au Visitor Center, nous pique-niquons sous les arbres et les pelouses qui l’entourent, à la recherche d’un peu de fraîcheur. L’endroit est parfait pour cette pose méridienne, enfin de la pelouse qui nous faisait défaut depuis une bonne semaine. La visite guidée est programmée pour 14h30 et se fait en petit comité. Contrôle de sécurité effectué, on nous avertit dès l’entrée, qu’on ne doit parler ni de bombes, ni de guns, ni de terrorisme… sous peine d’être immédiatement reconduit à la sortie, de même que le guide ne répondra à aucune question relative à la sécurité du barrage (ils sont légèrement paranos). La visite qui dure 45 minutes permet de faire un tour sommaire des installations, le guide insistant beaucoup sur la prouesse qu’a représentée la construction du barrage. Rien de bien original ni de très excitant. On apprend que les turbines ont été fabriquées en Belgique par Alstom (cocorico belge). Petit drame au cours de la visite, malgré les recommandations du guide à l’entrée, un des visiteurs, habitant de l’Utah, trouve le moyen de faire tomber son téléphone portable depuis une passerelle qui se trouve à des centaines de mètres au dessus du barrage. Par chance le téléphone est tombé sur un rebord en béton. On a été frappé par le self control du type : il n’a pas pipé mot, pas un gros mot, rien, il a patiemment attendu que le guide ait fini son speech pour lui parler de son petit problème ! J’imagine bien la réaction d’un Français en pareil cas ! Il aurait braillé, ameuté toute la galerie, et commencé à enjamber la passerelle avant de se faire arrêter par les gardes. Au sortir du barrage, il fait 106° F, un orage semble se lever à l’ouest, on reçoit trois gouttes et puis plus rien.
Direction cette fois, le lac à proprement parler : on veut tenter de se baigner à Lone Rock qui se trouve à quelques miles vers le nord. Au passage on s’arrête à la marina de Wahweap pour réserver notre sortie bateau du lendemain. A Lone Rock, quelques campings cars ont pris position le long de la plage, mais ce n’est pas la foule. On se gare à 10 mètres du rivage et on fait plouf. L’eau du lac, limpide à souhait est très agréable par cette chaleur et toute la famille profite de ce cadre extraordinaire. Malheureusement, Patrick se blesse au cou en jouant avec Vincent et nous décidons de rentrer à l’hôtel, le Super 8 de Page (que nous recommandons). Là une surprise nous attend, la chambre, une mini suite, est grande comme un hall de gare. On se pose deux minutes avant d’aller recharger nos batteries au Dennys du coin, par ailleurs excellent. Au retour, on laisse les enfants regagner la chambre de l’hôtel pour aller faire les courses pour le pique-nique du lendemain au Safeway de Page. Retour à l’hôtel et dodo.

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