| Le Grand Canyon entre deux orages. |
Le départ est programmé pour 8 heures
car la route 89 (voie normale) est barrée suite à un éboulement en février dernier
ce qui nous oblige un détour par la route sud qui nous rallonge d’environ 50
miles.
Nous passons entre deux orages et
prenons au passage quelques goutes mais rien de bien méchant (pour le moment).
Nous arrivons vers midi à Desert
View point, dominée par la Watch
tower enfin rénovée (nous n’avions pas pu la visiter il y a trois ans, elle
était à l’époque en plein travaux).
La première vue du Grand Canyon
est toujours aussi époustouflante. Tandis que le premier étage accueille une
boutique, comme à peu près tous les édifices sur la Rim sud, nous en profitons
pour grimper jusqu’au dernier étage de la tour magnifiquement restaurée.
Plutôt que de faire un autre
arrêt au visitor center, nous préférons, vu le temps de plus en plus menaçant,
de gagner directement notre hôtel, le Maswick Lodge au bout de Grand Canyon
Village.
De fait, nous aurons tout juste
le temps de nous garer avant que ne déferle sur nous un violent orage de grêle.
La pause déjeuner en extérieur est compromise : on engouffre nos sandwichs
pain-de-mie-jambon-fromage quotidien dans le véhicule.
On voit l’aiguille du thermomètre
dégringoler à vue d’œil jusqu’à 14° C ! Toutefois, le temps d’avaler la
dernière bouchée, l’orage est passé, laissant la voiture aussi propre qu’au
premier jour.
Que faire ensuite ? Nous
avions programmé une longue balade de 11 km et 5 à 7 heures jusqu’à Dripping
Spring, au cœur du Grand Canyon, depuis Hermit Rest. Mais vu le temps, nous
préférons opter pour une solution plus sage : une descente le long de Bright
Angel Trail, l’un des deux sentiers fameux qui rejoignent la rim nord en
traversant le Colorado, 1500 m plus bas.
Depuis le trailhead, plusieurs
étapes sont possibles en fonction de l’enthousiasme et de la forme des
randonneurs ! 3 ou 6 miles aller retour avec un dénivelé de 400 à 600 m.
La descente se fait sans
problème : la piste parfaitement entretenue ne présente aucune difficulté
mais offre de belles vues dans les profondeurs du canyon.
Le ciel, lui, recommence à
s’assombrir. Une jeune ranger, rencontrée au fil d’un des lacets, nous
interroge sur nos intentions, nous prévenant que d’autres orages sont attendus
pour l’après-midi. Elle n’aura pas tors.
Une fois parvenue au premier
point (les premières toilettes et premier point d’eau du trail) au bout de 45
minutes, nous nous scindons en deux groupes, les filles moins courageuses
préférant arrêter les frais et commencer la remontée, tandis que les garçons
s’enfoncent plus avant dans le canyon. Mauvais choix pour les premières qui à
peine quelques lacets grimpés, voient de nouveau déferler toute l’eau du ciel
sur leurs épaules.
Et là pas d’abris en vue :
il faut continuer sous le vent et les trombes d’eau qui rapidement forment des
ruisseaux et des cascades qui ravinent dans la pente.
Au moins, l’orage nous fait accélérer :
en quelques dizaines de minutes, les filles ont regagné la crête. Tandis que
les garçons, de leur côté, ont accéléré le pas dès les premières goutes, pour
se mettre sous l’abri prévu à cet effet au deuxième point bas.
Ils ne sont pas seuls : un
couple de Français et deux groupes d’Anglo-saxons leur tiennent compagnie.
L’attente dure une heure et demie, le temps de transformer le canyon en
véritable déversoir. L’eau formant par endroit de véritables cascades de
plusieurs dizaines de mètres, vient grossir le Colorado déjà bien boueux. Sitôt
l’orage terminé, la remontée s’effectue à un train d’enfer : les 600
mètres sont avalés en moins d’une heure et demie, soit moins que la
descente !!
Pendant ce temps, les filles
trempées mais courageuses ont fait le check-in et vidé les voitures, pris une
douche et ont attendu patiemment en haut de l’abyme le restant des troupes. Une
fois tout le monde lavé et revigoré, nous nous sommes retrouvés pour arpenter
le rim trail, prendre quelques photos du coucher de soleil et faire un petit
tour dans le Grand Canyon Village. Enfin, notre boucle s’est refermée dans le
food court du lodge pour une pasta partie !
Après les efforts de la journée,
pas besoin de berceuse : tout le monde s’est endormi dans la quiétude de
ces lieux magiques.
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