dimanche 14 juillet 2013

L'appel de l'Ange

L'arête qui mène au sommet d'Angel Landing.
Le moment fort de la journée est la randonnée réputée périlleuse d'Angel Landing. Le nom à lui seul laisse présager une course « aérienne ». 


Pas plus de 4 miles (env 6,5 km et 450 m de dénivelé). Nous décidons de partir à la fraîche, donc décollage de l’hôtel à 7h30 et direction le parking du visitor center pour y déposer nos véhicules, les shuttles doivent prendre le relais jusqu’à l’arrêt « Grotto » qui marque le début de la randonnée.



Après le passage du pont qui enjambe une bien maigre Virgin River, le sentier (aménagé à l’américaine) s’élève d’abord doucement puis se durcit lorsqu’il s’attaque à la paroi qui est creusée dans le « grès Navajo », toujours aussi ocre.


Il prend ensuite des allures bien plus raides pour passer un ressaut  puis s’enfonce par une gorge étroite dans un canyon. La fraîcheur et la beauté des lieux nous font oublier l’effort. Au bout du slot, un mur avec une dizaine d'épingles nous attend.
Tout le monde fait le rapprochement avec Lombard Street à San Francisco. La pente est franchement raide, les pas se raccourcissent et le souffle est court.


Notre peine est récompensée puisqu’au sommet, on débouche sur un large replat dénommé « Scout lookout » qui permet de récupérer, et d’admirer le paysage. Jusque là, pas de difficulté particulière. Mais en tournant la tête, c’est tout autre chose.



En face de nous, une arête fine avec du vide  de chaque côté nous indique que la 2e partie sera beaucoup plus scabreuse. D’ailleurs, une partie des randonneurs en reste là à cause du vertige. C’est le cas d’Agnès qui ne se sent pas le courage de poursuivre.
Il parait que l’on se rappelle toute sa vie de cette course. Alors, c’est parti. Pendant qu’Agnès se pose à l’ombre, nous allons à l’assaut de la piste des Anges. Des mains courantes faites de chaînes facilitent la progression et sécurisent les lieux. La progression est rapide, un peu stressante car le vide est omniprésent. Après trois quarts d’heure d’efforts, nous voici au bout du promontoire, soulagés et heureux.
C’est notre 14 juillet ! Le tour de France gravit lui aussi aujourd’hui un sommet mythique : Le Mont Ventoux. Coïncidence.




Le paysage est grandiose puisqu’il n’y a rien autour de nous pour nous boucher la vue. C’est donc un panoramique de 360° sur le parc de Zion qui s’offre à nous. Deux gorgées et quelques photos plus tard, nous entamons notre descente. Nous croisons nos amis presque au sommet. Maria est aussi restée sur le replat, victime du vertige.


Le monde commence à affluer, ceux qui montent, ceux qui descendent et ça bouchonne aux endroits délicats. Finalement c’est avec la banane que Camille et Vincent rejoignent un peu fiers leur mère. Tout le monde grignote quelques fruits secs puis les sacs sont remis sur les épaules pour entamer la descente vers la vallée pendant que la température, elle, monte.



A 11h30, nous reprenons le shuttle pour rejoindre notre voiture. Personne n’ayant envie de manger en pleine chaleur, (plus de 35°C à l’ombre), la décision est prise de  retourner à la chambre (à 5 mn de là) pour manger au frais. 




Difficile de motiver les troupes pour l’après-midi tant la piscine qui nous tend les bras est tentante. Finalement, la perspective de faire les Narrows et de remonter dans l’eau fraîche la Virgin River tout au bout du canyon de Zion est bien accueillie.






C’est donc avec le maillot de bain et  le strict minimum dans le sac à dos que nous attaquons le lit de la rivière. Au début, l’eau, sans trop de courant, atteint nos chevilles. Rapidement, les gorges se rétrécissant, le courant se fait par moment plus fort et l’eau atteint les genoux voire mi-cuisse. Après trois quarts d'heure de progression à contre courant revigorant, nous décidons de faire demi-tour histoire de gouter à la piscine.
C’est un régal pour le corps et les yeux. Faire « trempette » dans cette eau fraîche avec comme cadre les falaises du parc est un vrai plaisir.

Pendant que les enfants restent à l’eau nous décidons d’aller visiter Springdale, notre ville hôte dont l’architecture se fond dans le cadre ocre de Zion. A 20 heures, la famille au grand complet prend la direction du restau, les estomacs sont vides par l’effort de la journée. Direction donc Wildcats Willies qui ne nous a pas déçu la veille quant à la qualité de ses burgers. Une heure et demie plus tard, nous en ressortons repus et fatigués, direction le lit pour un repos bien mérité.

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