C’est dimanche ce matin, et on fait la grasse mat, jusqu’à, disons, 7 heures. Ensuite direction le lobby de l’hôtel pour prendre le petit-déjeuner. On se rend sur les rives du Lac Saint-Jean aujourd’hui. On a hésité longtemps entre le zoo de Saint-Félicien et le village fantôme de Val-Jalbert et en bonus le parc de la Pointe Taillon. Ce sont les fantômes du passé qui ont gagné, même s’il nous semble que le zoo était sans doute notre seule chance de voir en vrai des caribous et des orignaux, étant donné que tout ce qu’on a croisé jusqu’à présent ce sont des rats musqués, des écureuils et des tamias rayés (chipmunks). Pour se rendre au lac, on emprunte la 70, vers l’ouest. Sur la route, nous sommes un temps suivis par une escouade d’une huitaine de Mustang GT rutilantes, magnifiques, qui ont vite fait de nous doubler. Patrick en effet va de son train de sénateur sur ces grandes autoroutes rectilignes où la limite est à 90/100 km/h, et tout ce que nous avons doublé jusqu’à présent, c’est un tracteur. Même les gros trucks nous dépassent allègrement !
Le village fantôme de Val-Jalbert se situe donc à une centaine de kilomètres à l’ouest de Chicoutimi, près du Lac Saint-Jean. Ce dernier est une sorte de mer intérieure aux eaux bleu sombre, de forme ronde, de plus de 1000 km2 de superficie. Autour, c’est la plaine, une vaste lande qui dès qu’on a dépassé un périmètre de 10 km autour du lac, semble laisser place à une sorte de no man’s land, fait de forêts à perte de vue, de lacs et de… moustiques sans doute.
Le village pour revenir à lui a été fondé au début du siècle dernier pour les besoins de l’exploitation d’une usine de pâte à papier, une pulperie en langage autochtone. L’usine installée sur un vaste domaine au pied d’une impressionnante chute d’eau de 72 mètres (20 de plus que la Niagara qui sert d’étalon dans le coin), a connu une belle prospérité, le village accueillant jusqu’à 900 habitants et produisant un bon paquet de tonnes de pâte à papier pour la production des grands journaux d’Amérique et d’Europe. A en croire les nombreux panneaux explicatifs : le bonheur sur terre pour les ouvriers avec de bons salaires et des conditions de vie plutôt confortables pour l’époque (eau courante, électricité, chauffage par air pulsé : c’est dire si les gars qui trimaient dans l’usine 16 heures par jour dans un boucan incroyable devaient être heureux !).
Malheureusement une crise est venue frapper le secteur. Les propriétaires de l’époque ont alors décidé de fermer l’usine le 13 août 1927 à minuit (c’est précis). Du jour au lendemain, les travailleurs sont partis pour aller vendre leur force de travail dans les usines d’aluminium, et le village s’est endormi. Les maisons en bois construites par la compagnie ont été délaissées, tout comme le couvent école où les bonnes sœurs éduquaient les jeunes générations, le magasin général et l’usine elle-même. Ce qu’on visite aujourd’hui ce sont ces bâtiments très bien restaurés, les maisons dont un bon nombre est encore debout…
Le site est remarquablement mis en valeur et c’est plutôt plaisant de le parcourir, depuis le petit cimetière en bas de la vallée jusqu’au sommet des chutes. A noter qu’on a croisé dans les escaliers qui montaient au belvédère de la chute une mariée et son époux.
A vrai dire ce sont les deuxièmes que nous croisons dans un endroit aussi improbable. Lors de la visite de la pulperie de Chicoutimi, nous avions déjà croisé une noce installée dans les ruines de l’ancienne usine désaffectée….
Le site est remarquablement mis en valeur et c’est plutôt plaisant de le parcourir, depuis le petit cimetière en bas de la vallée jusqu’au sommet des chutes. A noter qu’on a croisé dans les escaliers qui montaient au belvédère de la chute une mariée et son époux.
A vrai dire ce sont les deuxièmes que nous croisons dans un endroit aussi improbable. Lors de la visite de la pulperie de Chicoutimi, nous avions déjà croisé une noce installée dans les ruines de l’ancienne usine désaffectée….
Pour tout dire on y a passé près de 6 heures, à faire la visite armé d’un GPS à rechercher indices et caches secrètes, et accessoirement à se cultiver sur la production de pâte à bois.
On y a aussi particulièrement apprécié la crème molle vendue au magasin général, c’est comme ça qu’on nomme ici les glaces à l’italienne.
On y a aussi particulièrement apprécié la crème molle vendue au magasin général, c’est comme ça qu’on nomme ici les glaces à l’italienne.
A la sortie, il n’était évidemment plus question de pointe Taillon, on a donc taillé la route pour rentrer sur Chicoutimi, une longue route toute droite bien monotone, tandis que l’autoradio diffuse lui les dernières chansons de Daniel Guichard et de Marie-Paule Belle… C’est quand qu’on arrive ?
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