jeudi 21 juillet 2011

Arrosage à l’Ile aux Coudres

L'île aux Coudres 
La journée s’annonce pluvieuse : nous recevons les premières gouttes, juste après le petit-déjeuner. Il est 9 heures lorsque nous quittons la région de Québec, en direction du nord, le long du Saint-Laurent et cette fois-ci, il pleut bien fort. Nous empruntons la 138, dépassons Sainte-Anne de Beaupré et le canyon Sainte-Anne visité la veille. En s’élevant, la route plonge dans la brume, le thermomètre dégringole pour passer à 19°C. Les conditions de conduite deviennent vraiment inconfortables, on n’y voit pas à 50 mètres. Nous sommes maintenant dans la région du Charlevoix et le paysage, pour ce qu’on en distingue, est fait de forêts épaisses (a priori pleines d’orignaux dont on ne verra ni la couleur, ni la queue). La route monte encore en s’éloignant de la rive du fleuve, nous sommes toujours sous la pluie et le brouillard. Enfin, la pente s’incline dans l’autre sens (6 voire 10 % d’inclinaison) et on parvient à Baie Saint-Paul, notre nouvelle ville étape. Cependant l’objectif de la journée, c’est l’Isle aux Coudres, une petite île au large sur le Saint-Laurent. Pour s’y rendre, il faut atteindre Saint-Joseph de la Rive, à une vingtaine de bornes de là. Arrivés à ce point, on emprunte une belle rampe qui descend à pic avec des pentes à plus de 20% et en virage jusqu’à la rive et au quai d’embarquement pour prendre le traversier (c’est ainsi qu’on nomme ici les ferries). Par chance, nous n’avons que quelques minutes à attendre pour embarquer.


La traversée elle-même ne dure qu’une quinzaine de minutes. La brume enveloppe aussi l’ile et la pluie n’a pas cessé. C’est râlant parce que nous avions prévu de faire le tour de l’ile, soit 23 km, à vélo… Vu les conditions météo, on se résigne à faire le parcours en voiture. C’est moins drôle mais bon d’un autre côté, notre vision est limitée. Pour autant, la promenade est plaisante, car comme sur l’ile d’Orléans, les jolies maisonnettes se succèdent, enchâssées dans une végétation bien verte et souvent très fleurie. De temps en temps, la balade est entrecoupée de pauses touristiques pour admirer depuis le bout de l’ilet, la grève découverte où les mouettes fouillent la vase, les rochers noirs et les lointains gris perdus dans la brume… un paysage qui évoque l’Irlande ou bien l’Ecosse (du moins on imagine dans ce second cas). On apprendra plus tard que le phénomène de marrée est bien présent sur le Saint-Laurent et atteint une amplitude de 6 mètres.



La météo ne s’étant guère améliorée, on décide de pique-niquer dans la voiture. Vraiment pas cool. Et puis miracle, la pluie s’arrête, le plafond s’élève un peu. On décide de tenter notre chance : on trouve à louer dans le garage d’un sympathique papy quatre vélos et nous voilà partis, confiants, pour refaire notre tour de l’ile cette fois à la force du mollet. Tout se passe bien, on s’amuse à se tirer la bourre, vu que à par nous, il n’y a guère de monde sur la route. Parvenus à un peu plus de la moitié de la boucle cependant, un pépin survient : Vincent a crevé, et bien sûr les vélos nous ont été livrés sans trousse de dépannage. Nous voilà dans de beaux draps, d’autant que comme un fait exprès, il se remet à pleuvoir. Quelques gouttes au début, puis vite à verse… pas d’autre solution que de poursuivre la boucle jusqu’à sa fin, en prenant garde de ne pas faire porter de poids sur la roue dégonflée. Le reste de la boucle se fait dans la brume, sous la pluie et la bourrasque, pas vraiment idéale, mais on rigole pas mal tout de même de se voir trempés comme des soupes des orteils au sommet du crâne. Patrick trouve auprès d’un garagiste compatissant le moyen de regonfler le pneu de Vincent, ce qui permet aux garçons de finir au sprint. On aura finalement mis une heure et demie à boucler la boucle (soit 18 km/h de moyenne, incident compris).



Au retour, en discutant avec le papy loueur de vélos, on apprend à notre grande surprise que le Saint-Laurent ne gèle pas en hiver en raison du fort courant et du phénomène de forte marée. Du coup, le traversier (au passage il est gratuit ce qui est rare dans ce pays) fonctionne tout l’hiver sans interruption. Les vélos rendus, nous passons ensuite 20 bonnes minutes à nous sécher et nous changer sur le bord de la route. Direction le traversier pour un retour sur le continent… alors que la pluie a cessé. Nous refaisons la vingtaine de kilomètres qui nous sépare de Baie Saint-Paul.




Point de départ des excursions dans la région sauvage du Charlevoix, la ville est assez touristique, dotant qu’elle se targue d’être devenue un centre de réflexion international sur la création artistique contemporaine. Les rues, enfin disons plutôt la rue Saint-Jean Baptiste regorge de galeries d’art, de boutiques d’artisanat pseudo local, de jolies auberges et de restos de charme. C’est plutôt plaisant à visiter. Après avoir pris nos quartiers dans la spacieuse chambre de l’Hôtel Baie Saint-Paul, nous décidons d’ailleurs d’aller casser la croûte chez Jo Smooked Meat, un spécialiste comme son nom l’indique de la viande fumée, grande tradition québécoise à ce qu’il semble. Dans une salle tout en bois, style chalet, décorée de vieux instruments de musique, on déguste, ou plutôt on bâfre vu la taille de la portion, la spécialité du chef : un sous-marin à la smooked meat, soit grosso modo un sandwich agrémenté de viande fumée, steak, salade, oignon, piment, pepperoni, tomate et vinaigrette, le tout servi dans une baguette de pain coupée en deux. Nous découvrons à cette occasion le breuvage local : la bière d’épinette, en fait une boisson gazeuse, sans alcool, fabriquée à base d’essence d’épinette, bref un soda au goût de sapin… fallait oser, les Canadiens l’ont fait. C’est bon mais comme le sous-marin, c’est un peu écœurant sur la fin !
On finit la journée par un dernier petit tour au Maxi du coin (on aurait dû demander une carte de fidélité !) pour le pique-nique du lendemain. Puis retour à l’hôtel, pour ne pas manquer l’étape du tour aujourd’hui, l’ascension du mythique Galibier. Ouf, Thomas V. est toujours en jaune !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire