| Au sommet de la rando du Mont du lac des cygnes |
La brume est si épaisse que nous ratons le parking d’accès à la rando où se trouve aussi le centre d’accueil. Nous acquittons nos 11 $ CAD de droit d’entrée pour la journée et filons vers le départ du sentier. Au bout de quelques mètres, nous retrouvons nos amies les bêtes, ces créatures volantes de tout acabit qui constitue une véritable plaie. On passe nos bracelets, on se lotionne et on poursuit la balade qui enchaîne les virages, en grimpant sec dans la forêt.
Nous sommes partis à 9h45 et à cette heure « matinale » nous ne croisons pas âme qui vive, d’ailleurs notre voiture était quasiment la seule sur le parking. On s’élève peu à peu au dessus de la brume et plus loin nous gagnons le lac Saint-Georges, niché au pied des monts. Plus loin encore, en arrivant sous le sommet, on trouve de larges escaliers en bois qui nous propulse jusqu’au faîte de la montagne. Panorama grandiose sauf qu’en dessous de nous la brune s’accroche au fond de la vallée. C’est un météorite gigantesque de 2 km de diamètre et de 15 milliards de tonne tombé sur la terre à la vitesse de 60000 km/h il y a 360 millions d’années qui a creusé cet énorme cratère de 56 km de diamètre et dont le centre se situe à quelques kilomètres de Baie-Saint-Paul. A cette altitude (proche de 1000 mètres), la végétation est de type toundra, le parc des Grands Jardins constituant un ilot de Grand Nord à quelques kilomètres du Saint-Laurent.
Nous avons grimpé en 1h30 ! La descente nous parait bien longue en comparaison mais nous l’avalons en une heure. Curieusement, nous croisons plein de monde en train de monter. La chaleur moite sur le sentier est devenue accablante. Parvenus au centre d’accueil nous nous posons un peu pour déjeuner.
Le soleil est totalement revenu. Nous gagnons ensuite le cœur du parc en empruntant une piste. Nous ambitionnons de faire du kayak sur un des lacs du parc. Arrivés sur place un peu avant 14 heures, nous louons nos embarcations (deux kayaks pour 45$ CAD de l’heure). La grande virée de 4 heures que nous avions prévu entre lac et rivière s’avère compliquée à mettre en œuvre dans la mesure, où, nous explique la jeune ranger, il faut parfois porter le kayak en marchant dans le lit de la rivière.
Nous ne sommes pas équipés pour, n’ayant à nos pieds que nos grosses chaussures de marche. Nos baskets sont restés à l’hôtel en train de sécher, après notre virée en vélo sur l’ile aux Coudres. Equipés de gilet de sauvetage nous nous mettons à l’eau sur le lac tout proche pour une heure de balade aquatique. Nous sommes les seuls à nous aventurer et on comprendra vite pourquoi.
Tout se passe bien au début, c’est facile, même si, les équipiers étant de force inégale, les embarcations ont du mal à avancer en droite ligne. Nous parvenons, malgré cela et le vent latéral, à l’extrémité du lac. Arrivés à quelques mètres du rivage, les insectes volants, à croire qu’ils sont munis de radar, nous prennent en chasse. De tous côtés, c’est la débandade. On ne supporte plus de se faire dévorer tout cru par ces hordes d’insectes malfaisants. On remet donc en catastrophe le cap vers notre point de départ. Le vent nous pousse un peu au retour mais il faut pagayer sec pour avancer. Une fois débarqués, c’est pire encore, l’orgie totale pour les bestioles qui nous sucent le sang à vif. L’HORREUR ! Les chaussures à peine remises, les plus atteints filent se mettre à l’abri dans la voiture, pendant que Camille et Patrick moins atteints ramènent le matériel. La balade pépère s’est transformée en cauchemar. Une fois dans la voiture, on fait les comptes, et bien sûr les cloques apparaissent à nouveau. On peste, on râle, mais il y a vraiment de quoi : il devrait être tout bonnement interdit de s’approcher des lacs et des cours d’eau à cette saison et encore plus de louer des trucs pour que les gens aillent se faire bouffer par ces sales bêtes. Nous quittons bien vite ce trou de l’enfer. Revenus à la civilisation, on s’arrête dans une pharmacie pour acheter un répulsif à la hauteur du phénomène local. Il est censé lutter contre les moustiques, les mouches noires, les brûlots, les mouches à chevreuil, les mouches piquantes des étables, les tiques et les rougets… c’est dire l’ampleur du problème. Retour pas triomphant à l’hôtel en milieu d’après-midi. Douche salutaire pour rafraichir nos épidermes endoloris. Puis goûter pour apaiser les esprits. On décide de laisser les enfants à leurs occupations favorites (TV et lecture de mangas) pour aller photographier le dernier pont couvert encore existant dans tout le Québec.
Le GPS nous aide bien encore une fois à mettre la main dessus. Il se situe à une dizaine de kilomètres de Baie Saint-Paul sur un bras de rivière. Construit en 1936, et peint en rouge sombre, il fait immanquablement penser au film « Sur la route de Madison », avec Meryl Streep et Clint Eastwood… Magnifique mais quasiment privé, puisque de l’autre côté, la route a été coupée et des propriétés privées empêchent d’aller plus loin. On fait quelques photos, mais on rentre encore une fois dare dare dans la voiture car le coin est infesté de maringouins…
De retour à Baie-Saint-Paul nous filons faire les courses pour un dîner pris en chambre et une extinction des feux rapides.
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